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Un Autre Regard

Symbolique du taijitu, le Yin Yang

par Vincent Beckers

 

 

L'origine du symbole Yin Yang

D’où vient ce dessin ?
 
Loin de moi l’idée de vouloir tracer ici une esquisse de la pensée ou de la philosophie chinoise. Juste situer les choses.
Car c’est bien de Chine que nous vient le symbole du YY.
Il y est appelé taijitu et se relie à la cosmogonie des origines.
 
« La représentation symbolique des ces éléments, Yin et Yang, se fonde sur le cercle, image de l’Un primordial d’où provient la polarité en Yin et en Yang, une conception philosophique que l’on fait remonter à Chu-Hsi (1130 -1200). » [1]

symbolique du yin yang dans le tarot, Vincent Beckers

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Le tirage taijitu

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symbolique yin yang vincent beckers
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En termes de cosmologie taoïste, le cercle représente le Tao,  l'unité indifférenciée à partir de laquelle toute l'existence se pose.
Les deux moitiés en noir et blanc dans le cercle représentent YinYang, primordiales féminines et masculines énergies dont l’interaction donne naissance au monde manifeste : les cinq éléments et les huit trigrammes.
Nous retrouvons ce principe dans le Yi King et le Feng Shui.
 
Le taijitu est donc un symbole chinois associé au taoïsme et au néo-confucianisme. Ce sont les penseurs de ce dernier courant, en particulier Zhu Xi[2], qui l’ont popularisé sous la forme ci-dessous, la plus généralement connue, parfois entourée des huit trigrammes.
 
Le symbole YY a donc été créé au 11ème siècle de notre ère.
Dans la foulée : le délicat exercice de la définition du Yin et du Yang. Je préfère déléguer …
 
Yin : l'un des deux principes fondamentaux de la philosophie taoïste chinoise,

qui correspond approximativement à la notion de passivité.

Le Yin correspond au principe femelle, au froid, à l'eau, à la terre.
 
Yang : l'un des deux principes fondamentaux de la philosophie taoïste chinoise,

correspondant approximativement à la notion d' «activité».

Le Yang correspond au principe mâle, à la chaleur, au feu.[3]
 
Pourrait être décrit en termes de Yin et Yang tout ce qui se trouve :
•    en relation d'opposition, tout en sachant que, comme le montre le taijitu, chacun des deux porte en lui le germe de l'autre.
Egoïsme et altruisme trouvent ici source de méditation, par exemple.
•    en relation d'interdépendance, l'un ne se concevant pas sans l'autre ; l'excès ou la déficience d'un des deux entraîne des conséquences sur l'autre et un déséquilibre de l'ensemble.
La relation d’amour-haine prend ici tout son sens.
•    en relation d'engendrement et de mutation de l'un en l'autre, comme par exemple lorsque le jour fait place à la nuit
•    …
Le changement est donc le procès foncier de l'univers et de ce qui s'y déroule : c'est la loi du Yin et du Yang.

« Yin et Yang sont des indices dont se trouvent affectées les variations du qi. Yang connote une profusion, une dissipation énergétique, croissante ou décroissante, jamais constante. Une telle constance serait aussi peu réelle pour les Chinois que le sont pour nous un système isolé ou une transformation adiabatique.
Yin n'est pas le contraire ou le complément de Yang. Il n'est pas le second terme d'une dialectique simplette, car Yang implique (au sens étymologique de ce verbe) la concomitance de Yin et non son opposition. Il y a entre eux, si l'on peut dire, compénétration. Ils sont inséparables ou impensables séparément. Yin est à Yang ce qu'Audiberti désignait par « la noirceur secrète du lait ». Yin est la part obscure de Yang. C'est si vrai que les médecins chinois, qui se considèrent comme des modérateurs des échanges entre l'interne humain et l'externe cosmique suivant Yin-Yang, disent n'agir et ne pouvoir agir qu'en facilitant la croissance et la décroissance énergétiques signées Yang. Yin ni Yang ne sauraient être absolus :
« Ici Yin, ici Yang, voilà le dao. » Les premiers signes de l'aurore ou les dernières lueurs du crépuscule donnent assez sensiblement, entre le jour et la nuit, l'exemple de l'indissociabilité Yin-Yang. De même, et quoique sans nuance apparente, le soleil de midi en plein été ou la profondeur glacée de la nuit hivernale. La Chine applique à tous ces indices qui lui permettent de signifier des évolutions et des involutions relatives les unes aux autres, des cycles et des périodes, et de tenir tout état de fait pour un équilibre instable, rompu et outrepassé sans heurt sitôt atteint. S'il y a là une dialectique, c'est une dialectique qui va au-delà d'une dualité surmontée et perpétuée à l'infini ; c'est une dialectique réputée naturelle où l'homme, qui en est baigné, n'introduit rien, ni la négation, ni la matière, ni l'esprit. »[4]
 
 
Les points de couleurs opposées, appelés biaoli dans la médecine chinoise, rappellent que ces deux concepts sont liés, se succèdent mutuellement et que l'un existe grâce à l'autre.
Le biaoli signifie également que dans tout ce qui est blanc il y a du noir, et inversement ; qu'il n'existe pas de noir total ou de blanc immaculé ; et qu'ainsi, personne ne peut être considéré comme entièrement mauvais ou bon. Ceci se voit dans le point noir au milieu de la forme blanche et dans le point blanc au centre de la forme noire.
Elément essentiel de compréhension du symbole, le biaoli est le principe qui permet à des entités (morales ou physiques) opposées de communiquer entre elles.
Nous sommes bien loin de la pensée cartésienne occidentale ou tout est blanc ou noir. Tout comme nous sommes aux antipodes par rapport au judéo-christianisme, basé sur la notion de culpabilité en lien avec la notion de bien et de mal.
 
« Il s’agit pour la taoïste de surmonter les contraires Yin Yang et de se confondre avec le Tao afin de participer de son pouvoir cosmique.
Le mot Tao signifie ordinairement la Voie, le Principe qui régit le monde, dans le domaine des faits et dans celui de l’éthique. (…)
La notion de Création est remplacée par celle de Tao. Le Tao est l’Ordre du monde et processus de création par l’association de la matière – le principe féminin Yin – et de l’énergie vitale – le principe masculin Yang.
Le Tao est Un, primordial, sous-jacent à toute chose, ferment de toute chose. »[5]
 
Nous, les « occidentaux », avons tendance à être influencé par le dualisme. Par exemple, dans notre culture, on sépare clairement la physique et la métaphysique. Ce type de raisonnement ne tient pas lorsqu’on aborde le Yin et le Yang.
Bien que ce soit deux forces distinctes, on ne peut les séparer. Il faut plutôt considérer que l’une est le complément de l’autre. Si l’une n’existait pas, l’autre non plus. L’une est même la conséquence de l’autre.
Tout est dans un tout et forme un seul et même tout.
Par exemple, le concept de grandeur n’est rien si le concept de petitesse n’existe pas.
De même, la chaleur et la transpiration font partie du même processus.
Les deux forces font donc partie d’un tout.
Séparer ce tout et traiter individuellement ses composants n’a pas de sens.
 
Enfin, petite note à destination des amateurs de psychologie à la petite semaine : il existe des sites[6] qui proposent de tester si tu es Yin ou Yang.
Les gens qui se livrent à ce genre de bêtise n’ont donc rien compris !
 
« Le Yin Yang, bien qu’ils représentent deux contraires, ne s’opposent jamais de façon absolue, parce qu’entre eux, il y a toujours une période de mutation qui permet une continuité. »[7]

symbolique yin yang tarot, Vincent Beckers

Et dans le tarot, me diras-tu ?

Le passage de 1/ à 11/, via 10/ marque - à mes yeux -  le symbolisme du Yin et du Yang.

Le lemniscate, présent dans les couvre-chefs du Bateleur et de la Force, marquent ce mouvement perpétuel, cette recherche d'équilibre et d'harmonie, cette mutation continue.

La Roue de Fortune, telle le point noir au coeur du blanc, le point blanc au coeur du noir, ou le "S" au milieu du symbolie taijitu, évoque ce point d'équilibre et/ou ce moment de passage.

D'où l'importance de bien tenir compte de l'importance de ces cartes, si elles sortent dans un tirage.

Ce que j'explique dans plus en détails, dans le livre "le tirage taijitu".

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[1] Chevalier-Gheerbrant, dictionnaire des symboles, ed. Laffont, p. 1034
[2] Zhu-Xi (1130 - 1200) est un lettré de la Dynastie Song qui devient l'un des plus importants néoconfucianistes en Chine. Zhu Xi et ses étudiants codifient ce qui est aujourd'hui considéré comme le canon confucianiste.
[3] Grand Robert langue francaise
[4] Claude GRÉGORY, « CHINOISE (CIVILISATION) - La pensée chinoise  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté en juillet 2013.
URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/chinoise-civilisation-la-pensee-chinoise/
[5] J.Rifflet, Les mondes du sacré, ed. Mols, p577
[6] exemples : http://test.psychologies.com/etes-vous-Yin-ou-Yang
ou
http://test.doctissimo.fr/tests-de-personnalite/tests-de-caractere/etes-vous-Yin-ou-Yang.html
[7] Chevalier-Gheerbrant, dictionnaire des symboles, ed. Laffont, p. 1034

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