L'école de tarot de Vincent Beckers
Vincent Beckers vous fait découvrir le tarot sous ses aspects symboliques et psychologiques, afin de vous aider à mieux vous connaître et vous comprendre, au travers de ce merveilleux outil de développement personnel que sont les cartes du tarot de Marseille.
De la symbolique de la fête des fous dans le tarot de Marseille,
par Vincent Beckers
Cet article est un extrait du livre, Le tarot symbolique.
De la symbolique de la fête des fous dans le tarot
Dès le lendemain de la fête de Noël ...
La Fête médiévale des Fous
Dans les jours qui suivent Noël, parfois dès le lendemain, se déroule une curieuse fête, la "Fête des Fous", qui fait un tel scandale que certaines villes et certains évêques l'interdisent.
La "Fête des Fous" est en effet la fête de l'inversion, du désordre, des sacrilèges et, ce jour-là, clergé en tête, de véritables orgies sont organisées dans les églises. Diacres, chantres, bedeaux et sacristains, bref tout le petit personnel clérical, participe de ces fêtes. Un peu comme à carnaval, on y célèbre la négation de l'ordre et l'inversion des rôles et des rites. En vêtements souillés et déchirés, certains disent des messes à rebours, lisent les Evangiles à l'envers et vocifèrent à tout moment des braiements d'âne et des paillardises. Dans certaines églises, on mange sur l'autel du boudin et des saucisses tandis que, dans les encensoirs, on brûle de vieilles chaussures.
On chante des chansons obscènes. Les hommes s'exhibent nus et s'arrosent de seaux d'eau. Peut-être faut-il voir là un vieil héritage païen des Saturnales romaines ? Quoi qu'il en soit, cette Fête des Fous se termine souvent mal.
Insultes et tapages conduisent certains au cachot, tandis que d'autres n'hésitent pas à s'en prendre aux croix ou aux objets du culte.
Encore en 1444, la Faculté de Théologie de Paris justifiait ainsi
cette fête :
"Nos éminents ancêtres ont permis cette fête. Pourquoi devraitelle nous être interdite ? Nous ne fêtons pas sérieusement, mais par pure plaisanterie, pour nous divertir selon la tradition, pour qu'au moins une fois par an nous nous abandonnions à la folie, qui est notre seconde nature et semble être innée en
nous. Les tonneaux de vin éclateraient si l'on n'ouvrait pas de temps en temps la bonde pour les aérer. C'est pourquoi nous nous livrons à des bouffonneries pendant quelques jours, pour pouvoir ensuite nous consacrer au service de Dieu avec une ferveur d'autant plus grande".
Dans l'idée d'un renversement de toutes les valeurs, cette fête était celle du bas-clergé qui ce jour-là avaient droit à la parole.
"Dans les cathédrales on nommait un évêque-bouffon. Celui-ci célébrait alors un office solennel et donnait la bénédiction.
Les prêtres déguisés pénétraient dans le chœur en dansant et en sautillant et chantaient des chansons grivoises. Les sous-diacres mangeaient des saucisses sur l'autel, sous le nez du prêtre officiant ; ils jouaient aux cartes et aux dés sous ses yeux ; au lieu d'encens, ils mettaient dans l'encensoir de vieilles semelles et des excréments, pour que l'odeur pestilentielle lui monte dans les narines. Après la messe, chacun dansait et courait dans l'église selon son bon plaisir et se livrait à la plus grande débauche. Certains allaient jusqu'à se déshabiller
complètement. Ils s'asseyaient ensuite sur des chariots chargés d'excréments et se faisaient conduire à travers la ville, jetant des ordures sur la populace qui les accompagnait... A Antibes, les laïcs prenaient la place des prêtres dans le chœur et revêtaient des vêtements sacerdotaux déchirés et à l'envers ; ils tenaient également à l'envers les livres qu'ils faisaient semblant de lire... Ils ne chantaient pas de psaumes ni de chants liturgiques, mais marmonnaient des mots
incompréhensibles et beuglaient comme des bêtes"
(d'après K.F. Flögel, Geschichte des Grotesk-Komischen).
L'âne jouait toujours un rôle très important dans ces fêtes, survivance probable des cultes magiques rendus aux animaux depuis la nuit des temps, symbole de la fertilité, de la force, de la bêtise.
Et le lien avec le tarot, dans tout ça ?
Tout simplement 13/.
Pour en savoir plus et découvrir un développement plus complet, avec notamment le carnaval, ainsi que les saturnales, référez-vous au Tarot symbolique, l'oeuvre majeure de Vincent Beckers.
Sourire épanoui sur mon visage ravi.

