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Un Autre Regard

La question du Mal, posée par la carte du Diable du tarot

 

Symbolique de la carte du Diable ... ça commence fort !

 

 

 

Dans ce tome-ci, je vais donc m’attaquer à la symbolique pure de la carte.

A commencer par poursuivre avec la fin du chapitre précédent : son nom !

C’est quoi, le diable ? Quelle définition lui donnes-tu ?

 

« Diable est un emprunt très ancien (881) au latin chrétien diabolus démon ,

lui-même pris au grec ecclésiastique diabolos de même sens. Le mot existait déjà en grec

classique comme adjectif signifiant : « qui désunit, qui inspire la haine ou l'envie »,

substantivé au sens de  calomniateur, homme médisant ; il est dérivé du verbe diaballein :

jeter entre, insérer , employé ensuite péjorativement, d'où au figuré : désunir, séparer,

accuser, calomnier et tromper. »[1]

 

« Démon, personnage représentant le mal dans la tradition populaire chrétienne. »[2]

 

« Esprit du mal, le démon. S’écrit parfois avec une majuscule pour désigner Satan. »[3]

 

 

Je soupire une fois de plus en pensant à toutes les personnes qui suivent mes cours et me disent : oui, mais, moi, je vois quand même du positif dans la carte du diable.

Hé bien, non, braves gens, pour une fois, je ne sais même pas faire preuve d’empathie à votre égard.

L’archétype du diable est en nous depuis l’aube des religions et la langue française nous confirme bien son sens négatif.

J’attends toujours celui / celle qui me prouvera qu’il y a du positif dans cette carte. Et par preuve, j’entends bien un élément symbolique ou sémantique du dessin. Non un délire new-age post soixante-huitard pour personne en manque de confiance en elle et victime du mot manipulation. Voir page 164 du tarot psychologique, une bonne fois pour toutes.

 

Pour revenir aux définitions, il est intéressant de constater combien les dictionnaires ont recours aux synonymes pour définir la notion de diable : démon, esprit du mal, Satan, …

 

Remontons à la genèse de la théorie bien / mal. Elle ne date bien évidemment pas de la religion chrétienne, qui n’a fait que s’inspirer de ce qui existait déjà  dans les archétypes, bien avant qu’elle ne se mette à dogmatiser le monde.

 

La question du Mal
 

« Il s’agit d’un versant du monde qui n’a cessé de questionner l’humanité.

La conscience humaine, ce cadeau des dieux ou de l’évolution, véhicule la peur. (…)

Sur cette évidence, quel culte bâtir ?

Pour les Deux Testaments du judéo-christianisme, le Mal n’est pas le fait d’un Divin unique (monothéisme), ni celui d’une puissance maléfique de même essence que le Bien (le dualisme), ni celui de la Matière (le gnosticisme).(…)

Pour l’islam, l’affaire est entendue. Tout ce qui arrive de bien à l’homme est le fait de Dieu. Tout ce qui lui arrive de mal est de sa faute.

Pour le christianisme, l’explication théologique « dédouanant » Dieu de toute culpabilité dans ce qu’il advient de l’humanité est plus nuancée. Le don de la liberté plénière accordée à l’homme véhicule une contrepartie, recèle un ubac, un versant noir. L’homme est libre de ne pas choisir l’Amour, vecteur du Bien, et Dieu en souffrira comme il se désolera en assistant à la déchéance du pécheur. (…)

La pensée iranienne choisira, elle, une voie bien plus simple pour disculper le « bon » Divin, la voie de Zoroastre.

Elle opposera au Bien une Force maléfique autonome, n’appartenant pas au champ de la création du Dieu bénéfique. Ce Dieu, seul être incréé et éternel, doit affronter un être maléfique incréé mais non éternel, qui ne pourra être définitivement vaincu qu’avec l’aide des humains. »[4]

 

Selon moi, c’est au zoroastrisme et dans le mazdéisme

qu’il faut remonter pour trouver trace de la première allusion

à la  notion de diable, esprit du mal.

Nous remontons bien avant l’avènement  du christianisme.

Le zoroastrisme est d’ailleurs reconnue comme la première religion

monothéiste, au sein de la famille indo-iranienne,

au 1er millénaire avant JC.

Nous y retrouvons le dieu soleil, Mithra

(tiens, tiens, une vieille connaissance).

 

Ce n’est pas pour rien que j’ai choisi cette iconographie

pour illustrer le thème. Tu fais le lien ?[5]

Zoroastre (Zarathoustra en persan) est le dieu suprême.

 

Le zoroastrisme comportait deux divinités principales,

antagonistes et jumelles : un dieu de la Lumière, Ahoura Mazda

et un dieu des Ténèbres, Ahriman.

 

« Le zoroastrisme peut ainsi être défini comme une doctrine morale,

le Bien et le Mal, offrant à l’homme le choix d’opter pour l’un ou

pour l’autre. C’est déjà le libre arbitre. »[6]

 

Mithra est le fils de Ahoura Mazda et il le seconde dans ses tâches.

La victoire d’Ahoura Mazda dépend de l’engagement de ses disciples

à combattre les forces du mal.

D’où rituels à suivre et prescriptions morales à appliquer.

La recherche de la pureté physique et spirituelle est de mise dans cette religion qui, millénariste, prévoit une fin des temps, au terme duquel les morts ressusciteraient.

 

« C’est précisément à bien orienter son comportement que s’attachent les efforts personnels de l’individu dans la concentration de ses pensées pour atteindre la perfection de son âme. »[7]

 

Les actions de l’homme durant la vie conditionnent le sort de son âme après la mort : passage au fil de l’épée qui envoie soit dans la Demeure du Chant, soit dans la Demeure de l’Erreur.

Noms poétiques à nos yeux judéo-christianisés pour Paradis et Enfer.

Quant au fil de l’épée, il n’est pas sans me rappeler la Mâât égyptienne ou ce bon St Michel chrétien.

 

Le zoroastrisme entraînera dans sa foulée mazdéisme, manichéisme et … catharisme.

Petit message à tous ceux qui apprécient les cathares :  pour pour comprendre les fondements de cette « religion », un détour par le zoroastrisme me paraît incontournable.

 

 

Enfin, les travaux de R.Steiner, père de l’anthroposophie, sont à intégrer dans le parcours de celui qui souhaite réfléchir aux notions de Bien et de Mal, tout en ayant en tête la référence historique originelle de l’apparition de cette notion dans l’évolution de l’Homme.

Je te recommande plus particulièrement son petit livre : Lucifer et Ahriman.

 

Et le tarot dans tout ça ?
 

Ben si depuis le début de ce chapitre, tu n’as pas fait le lien avec 15/Diable, comme acteur de tout ce qui a été dit … ben, peut-être serait-il bon de te cantonner à lire le tome 1, le tarot divinatoire.

Oups, je suis méchant. L’esprit du Mal est en moi. Aaargh !

 

Je t’invite à lire les cartes du tarot sans voir le nom dans le cartouche inférieur.

L’influence judéo-chrétienne biaise l’image.

M/Mât - 21/Monde est l’Essence.

15/Diable est le Mal, 19/Soleil est le Bien.

16/Maison Dieu est l’Etre Divin.[8]

M/Mât - 21/Monde est l’Essence.

Médite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

… et si toute la Quête du Cherchant se trouvait ainsi résumée, dans la troisième ligne du mandala ?

… et si c’était l’inévitable question du Bien et du Mal qui était au cœur du travail sur soi, plus encore que celle de son incarnation ou de son histoire ?

… et si tu prenais une semaine de congé pour ruminer sur ce qui est sans doute le temps le plus fort de tout le livre que tu tiens entre tes mains ?

 

  • M/Mât - 21/Monde est l’Essence.

  • 15/Diable est le Mal, 19/Soleil est le Bien.

  • 16/Maison Dieu est l’Etre Divin.[8]

  • M/Mât - 21/Monde est l’Essence.

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Cette page est un extrait

du tarot symbolique.

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Die Mencheidsrepresentant

sculpture de R.Steiner (9,5 m. de hauteur)

[1] le Robert, dictionnaire historique de la langue française

[2] le Grand Robert de la langue française

[3] dictionnaire Larousse

[4] J.Rifflet, Les mondes du sacré, ed. Mols, p. 467-468

[5] voir Mihtra dans le tarot, p.546 ss.

[6] J.Rifflet, Les mondes du sacré, ed. Mols, p.468

[7] MM.Davy, encyclopédie des mystiques III, ed. Payot, p.138

[8] par Etre Divin, tu entends ce qui correspond à tes convictions : EPLH, Dieu, Allah, Sublime Essence Cosmique, Gadlu, … ta propre essence divine … une fraise de 21/Monde …

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